Mon parcours

     
 

   

 
 
 



MARCEL LEFEBVRE PARLE DE SON EXPÉRIENCE D'ÉVEIL

         Quand cela m’est arrivé, j’aurais tant souhaité trouver quelqu'un qui vienne éclairer mon vécu et répondre à mes milliers de questions. J’ai donc pris la plume, trente-sept ans plus tard, pour raconter mon aventure afin que d’autre  trouve ces mots sur leur route de lumière et de désarroi mêlée. D’emblée je vous l’affirme: Non! vous n’êtes pas fou! Vous avez touché au Tout Autre au plus profond de vous-mêmes et cet effleurement divin a fait basculer votre vie à jamais. Voici le récit de mon cheminement personnel en espérant qu’il éclaire le vôtre

J’avais trente-sept ans alors et j’évoluais parmi les grands de la publicité et du spectacle au Québec. La création était mon domaine et je menais d’une main ma boite de communication, mon usine à chansons publicitaires, de l’autre ma maison de production cinématographique et ma carrière de parolier. Ma réussite était à son zénith. Mon succès évident, mon avenir assuré.

Mais pour y arriver, j’avais dû me gaver de tranquillisants divers pour combattre le stress que toute cette course au succès m’imposait. Pour me débarrasser de toutes ces béquilles, j’avais pris la décision de faire appel à une thérapie.

Mes thérapeutes me répétaient: « Ne crois-tu pas qu’il serait temps que tu t’occupes de toi? ». Je trouvais cette question ridicule car il me semblait que je n’avais fait que cela tout au long de ma vie. J’avais travaillé à me faire un nom, une réputation, à me construire une sécurité financière, une image enviable. J’avais mis tous mes efforts à me bâtir un « moi » solide, un ego fort dont plusieurs étaient envieux. Y avait-il un autre « Moi »  en moi dont je ne m’étais "pas assez occupé"? La question me semblait sans queue ni tête. Devant ce qui m’apparaissait être un manque flagrant de pertinence, j’avais donc décidé d’écourter cette session de thérapie et de retourner chez moi en prétextant que je devais aller m’occuper de mes affaires, de ma famille, de mes clients, de tous mes employés; aller m’occuper de moi et de mon monde précisément. C’est alors que mon thérapeute m’a posé une dernière question, une question qui a bouleversée ma vie: « Si tu restais encore quelques temps, crois-tu vraiment que cela pourrait avoir des conséquences graves pour la vie de quelqu’un? » 

Je ne sais pas pourquoi, mais cette question s’est vrillée en moi comme une torpille. Tout-à-coup, j’ai vu confusément que je me racontais des histoires, que je me mentais pour fuir quelque chose. Je découvrais que j’avais peur d’une réalité inconnue qu’on voulait me forcer à voir. J’avais peur que tout l’édifice de ma personnalité, à laquelle j’avais travaillé toute ma vie, s’écroule. En fait, je m’étais bâti un personnage fort pour m’assurer reconnaissance, sécurité, protection contre le rejet, bouclier contre la privation et la souffrance sous toutes ses formes. Depuis toujours, la vie me faisait peur avec sa mort au bout de la route et je m’étais épuisé à construire une carapace pour me protéger d’elle. Allez savoir pourquoi, j’ai décidé alors d’abandonner toute résistance, de lâcher prise et de rester quelques jours de plus pour cesser de fuir cette chose inconnue qui s’agitait au fond de mon être. C’était comme dire oui à tout ce que j’avais fuit auparavant: la vie et ses peines, ma vulnérabilité, l’idée de la  mort, de ma mort, enfin tout ce que j’avais toujours refusé de regarder en face, tant cela me faisait peur. Les yeux remplis de larmes, j'ai décidé de dire oui à tout cela.

C’est à cet instant précis, je m’en souviendrai toujours, que cette « Autre chose » a fait irruption en moi comme un volcan. Mon être gargouillait de toute part comme un puits de pétrole au moment de jaillir. Je pleurais, je tremblais, mu par un séisme intérieur. Ma thérapeute me prit la main et me rassura en disant: « Ne crains rien, tu es seulement mal ajusté à ton être profond ». 

Pendant les heures qui suivirent je me suis senti inondé d’une étrange lumière qui me donnait l’impression de me soulever de l’intérieur, de me porter et de me faire voir toute chose d’un point de vue jamais connu au cours de ma vie. Le besoin ridicule de prendre des notes me vint tant c'était beau mais je jugeai non pertinent d’abandonné mon vécu fantastique pour assurer la mémoire de l’expérience que je vivais. Cette lumière me semblait venir de partout,  éclairer toute chose comme du dedans. Cette lumière inhabituelle était diaphane et légèrement colorée, chaude aussi comme une infinie caresse. Les arbres au dehors étaient aussi envahi par cette lueur spirituelle , confortable et apaisante. Cette clarté jamais vécue auparavant me remplissait de bonheur mais en même temps d’un étrange sentiment de frayeur devant son aspect mystérieux, étrange, grandiose et renversant. Je me sentais en présence d’une réalité cachée derrière le monde et qui était comme de l’amour rayonnant . J’avais vraiment l’impression de voir à travers les choses une réalité restée cachée jusque là. Cela a duré trois jours et s'est terminé à mon grand regret.

Mais je savais désormais qu’une Présence tout-à-fait réelle m’habitait. Il y avait quelque chose ou quelqu’un d’autre que moi, en moi, qui avait surgit avec fracas en m’éblouissant de lumière et d’énergie d’amour. Je me suis mis à  lire, surtout les orientaux qui parlaient du « grand » et du « petit » moi. Arnaud Desjardins et comme je l’ai dis précédemment, Durckeim surtout. Il y était question du « moi » et du « soi », ou alors de l’ « ego » et du « Moi ». Plusieurs auteurs m’ont aidé à comprendre que l’égo n’était qu’une construction de l’esprit, plus particulièrement du mental, ce mélange d’intelligence et d’émotion, de désir, de mémoire et d’imagination, le tout emprisonné dans l’enveloppe de mon corps qui me distingue des autres et du reste du  monde.

En fait, depuis toujours, en réponse à la question « qui suis-je», j'avais répondu en débitant la litanie qui constituait mon histoire, ma biographie, mes réalisations, mes succès. Comme tout un chacun, j'avais un passé, un récit de vie parsemé de victoires, d’échecs, de trophées et de regrets, et j’en étais assez fier. Quand mon interlocuteur creusait un peu plus, je lui parlais de mes rêves, de mes projets, de mes entreprises en cours et de ma planification de carrière. J’étais ambitieux, performant et cela me définissait assez bien également. J’étais en somme, une réussite passée et de grands projets d’avenir. Marcel Lefebvre, c'était moi, constitué de ma biographie, de ma personnalité et de mes rêves.

Peu à peu je commençai à prendre conscience que ce « moi » que je m’efforçais de décrire n’existait pas en réalité, puisqu’il était tout entier fait d’évènements passés, de ma naissance jusqu’à aujourd’hui, et d’évènements à venir mais qui n’existaient pas encore. Ce que je croyais être vraiment n’existait que dans ma mémoire et mon imagination. Car tout le monde sait bien que seul existe le présent. Le passé étant une suite de moments présents révolus, et l’avenir un présent non encore advenu. Ce moi n’avait donc pas d’existence réelle hors de ma mémoire et de mon imagination. De retour au réel et à l'instant présent par contre, il ne restait que cet autre moi, qui avait un instant surgit, lumineux, comme un oeil ouvert sur l’univers et la vie et qui semblait différer du tout au tout de mon ego.

Si je n’étais pas cet ego construit par mon mental, qu’étais-je donc? Pour la première fois je me retournai vers le "je" dans l'instant même ( ce "je" que mes parents avaient appelé Marcel à ma naissance) et je trouvai d’abord cette appellation étrange. Ce « je » que j’étais me semblait plutôt être comme un oeil en train de regarder, un corps sensible en train d’éprouver le monde autour de lui, une sorte d’intérieur du monde capable d’être conscient de l’univers. En d'autres mots, une pure "présence à", une source de conscience, de désir et de vouloir. Ce ‘je’ existait bel et bien dans l’instant-même, contrairement à l’ego, pure construction de l’esprit. Il y avait donc bien deux moi, je n’avais pas rêver. Et ce nouveau « je » indescriptible, qui trouvait même son nom bizarre, c’était bien lui qui s’était manifesté lors de mon éveil, parce que j’avais pour un instant laissé tomber mon ego, abandonné mes constructions mentales, mes défenses, et vraiment lâcher prise à toutes mes résistances,  à tout ce à quoi je m’étais identifié dans la vie. (Vous vous souvenez: mes thérapeutes me demandaient de rester et je refusais. Puis j’ai finalement capitulé, baissé ma garde.) Fort de cette découverte, je me livrais à des exercices de méditations irrégulières et malhabiles en essayant vainement de mettre en pratique ce que j’apprenais chez les maîtres. J’éprouvais de grande difficulté à me concentrer, à suivre les consignes. Ma tête était envahie de pensées tourbillonnantes. Pas vraiment une réussite, croyez-moi.

Même si je n’arrivais plus à prendre contact avec cette lumière spéciale que j’avais connue, je savais qu’elle était en moi, puisque c’est là qu’elle avait surgie. Mais le souvenir de cette illumination semblait s’éloigner de plus en plus,  s’estomper dans le courant de l’existence qui avait repris ses droits. De temps en temps, pour un bref moment, j’avais l’impression de toucher cette grande Présence intérieure à nouveau. J’avais la nostalgie de ma grande expérience et pendant des années j’ai espéré en vain qu’elle reviendrait.

Malgré le souvenir de plus en plus lointain du numineux que j’avais connu, je restais brûlé dans l’âme où se trouvait pour ainsi dire une trace indélébile de mon vécu spirituel d’unicité. J’avais connu Cela et Cela avait laissé une cicatrice en moi pour toujours. Inoubliable à  tout jamais.

Je parlais de ce que j’avais reçu un jour sans le mériter à tous ceux qui avaient le goût et la patience de m’entendre. À chaque fois avec un enthousiasme débordant qui était ma seule façon de signifier ce que les mots n’arrivaient pas à dire. En même temps, j’avais peur de passer pour un fou tellement on me regardait avec des airs incrédules, dubitatifs.

Puis, pendant des années, je me suis remis au travail. Par contre, je ne faisais plus les choses comme avant. J’écrivais toujours des chansons mais elles avaient toutes une portée humanitaire, pour ne pas dire spirituelle. Certaines étaient très connues: « Chante-la ta chanson » ou « Si  on chantait ensemble ». D’autres reprenaient sous le format de la comédie musicale toute cette aventure spirituelle que j’avais connue: ça s’appelait La course au bonheur. J’ai fait la conception et une part importante de la mise-en-scène de l’évènement-jeunesse au Stade olympique en 1984. Ça s’intitulait « Oui à la Vie » et la chanson-thème était La Colombe chantée par Céline Dion.

De  nouvelles activités sont apparues dans ma vie, des activités qui avaient pour but la réalisation d’un « nous »: des activités à portée sociale et communautaire  comme le nationalisme. Je tentais de vivre au-delà de mon petit ego étroit, comme interpellé par un plus grand que moi: la famille, la nation, etc… Et j’avais ainsi l’impression de tenter d’exprimer dans le  monde ce grand "Je" intérieur qui m’habitait et qui dépassait immensément mon petit moi. Comme j’étais également artiste-peintre, j’insistait sur une seule chose: la beauté de la lumière de mes toiles qui n’arrivait jamais à la hauteur du numineux que j’avais connu.

Bref, pendant des décennies, j’ai été transformé par ce moment d’illumination qui m’avait chamboulé à l’âge de 37 ans et j’ai vécu ma spiritualité comme sur la réserve d’énergie que m’avait procurée ce moment mystique de mon existence passée. Mais déjà cela avait bouleversé ma vie et je m’en rendais compte. Je ne travaillais plus pour des raisons commerciales.

Si je n’évoluais pas plus vite sur mon chemin initiatique, cela était uniquement de ma faute. J’avais pourtant bien entendu tous les grands maîtres spirituels me dirent que la grande Expérience d’illumination n’était pas la fin du chemin mais le début. Par elle, on « entrait dans le courant » comme se plaisait à répéter Duckheim. Le chemin d’initiation, lui, était fait de patience, d’exercice et de méditation assidus. Pendant des années, j’avais fait prédominé mes activités d’artiste sur ma démarche de contemplation à laquelle j’avait goûtée plus jeune en toute gratuité. Pendant des décennies je m’étais encore et toujours tenu dans le « faire » qui m’apportait reconnaissance et réalisation. Sans le savoir, bien que moins étroitement qu’avant, j’étais encore au service de mon ego. Je ne comprenais pas que ce maintien de mon existence dans le « faire »  m’empêchait d’avancer au plan de mon être essentiel. Le chemin initiatique, c’était autre chose.

Ce n’est que sur le tard, en passant le cap des soixante-dix ans, que j’ai finalement pris la décision de me consacrer à l’intention du grand Socrate qui répétait sans cesse: « Connais-toi toi-même. » Puis j’ai finalement compris que  l’exercice et la méditation sur le chemin était nécessaire à ma réalisation dans l’éveil. J’ai cessé de faire ou plutôt j’ai cessé de m’identifier au faire et  je me suis mis à l’observation, à la contemplation. Je me suis retourner vers le dedans. J’ai cessé de regarder uniquement dehors, le monde, et je me suis retourner pour regarder ce qui regarde.

J’ai donc repris la méditation, mais cette fois sérieusement, systématiquement. J’ai fait table rase de tout ce que j’avais appris sur ce sujet et décidé de faire les choses à ma manière, tout simplement. J’ai dépoussiéré mon banc de méditation sur lequel j’avais écrit « Marcel, né à 37 ans » . Et finalement je me suis choisi une chaise car mes vieux os ne supportaient pas très longtemps les positions classiques du Zen.  Par contre, j’ai bien vite compris que je devais me tenir le dos parfaitement droit  pour éviter de m’endormir.

Je me suis fait mon propre rituel: une pierre ronde de lapis lazuli, que mon fils m’avait offerte, est devenu le point d’ancrage pour me rappeler la concentration sur le moment présent et l’instant qui naît. Un temps suffisant de concentration sur tout mon corps ressenti de l’intérieur à commencer par mes poumons en train de respirer. Aujourd’hui encore, à chaque matin, tout l’effort consiste à me concentrer sur l’instant naissant sans me stresser si parfois mon esprit vagabonde. Je le ramène alors en douceur à cette pierre bleu du moment présent ainsi qu’à ma respiration. Et quand j’atteins une certaine stabilité dans le présent, je me pose  la question simple qui déclenche tout le processus du retournement:

« Qui est présent?  Et je réponds: « Je suis »

Alors je demande: « Qui est Je? » Et je tombe dans le vide.

Privé de mon autobiographie et de mes projets, situés hors de l’instant, je ne trouve aucune réponse immédiate à ma question. Je laisse alors cette question en suspend, sans répondre en tournant forcément mon regard intérieur vers la source-même de la Présence au moment en train de naître. C’est cette source inconnue qui constitue le « Je ». Celui-ci ne peut jamais être vu car c’est précisément lui qui voit tout. Il ne peut donc jamais être vu car alors il ne serait plus ce qu’il est. Je reste alors sans aucune réponse à contempler un vide, une absence tournée vers.... Ce regard vide, c'est tout autre chose qu'un objet: c'est un sujet. 

Ma méditation cherche donc à rester, sans le voir directement, en présence de ce « Je ». Celui-ci s’éprouve comme un « Oeil spirituel » tourné vers le monde, mais son vrai nom, c’est la Conscience. On l’appelle aussi souvent le « Témoin ».

C’est sur cette conscience que vient s’inscrire tout ce qui se passe dans mon monde, exactement comme un film vient s’inscrire sur l’écran de cinéma. La première grande découverte est celle de la permanence de ce « Je » de cet écran ou de ce témoin. Tout comme un film de guerre navale ne laisse en aucune façon l’écran mouillée à la fin de la séance, tout comme l’écran redevient blanc et nu à la fin de la représentation, le « Je » est immuable. Il est au-delà des phénomènes. Quand  je médite en marchant, je suis présent à la marche; je regarde le chemin défilé sous mes pieds, puis je me retourne vers le « je » qui regarde le chemin défilé et je vois que lui ne défile pas. Il reste toujours là, immobile dans sa présence. Il se découvre au-delà du mouvement et du devenir, au-delà du temps et de l’espace. Ce « Je » découvre ainsi qu’il est intemporel. Il n’appartient pas à ce qui change, il est en quelque sorte hors du monde, hors du devenir. Le grand philosophe Baruch Spinoza affirmait: 

"NOUS SENTONS ET NOUS EXPÉRIMENTONS QUE NOUS SOMMES ÉTERNELS"

Parfois je me représente le "Je" comme ceci: le temps qui passe avec toutes choses, y compris mon corps, est comme un fil et le "Je", lui, est comme un anneau qui glisse sur ce fil du temps mais en restant éternellement dans le moment présent. De plus, ce « Je » est parfaitement Un. Il n’a pas de forme contrairement à tout ce qui existe d’autre dans le monde. Tout ce qui existe dans le champs de la matérialité est sujet à la géométrie, à la division. Les images et les concepts également ont  une forme, bien que souvent plus subtiles. Le « Je » n’en a pas; il est pure présence. Simplicité absolue. Unité absolue.

La méditation ainsi menée me conduit au seuil de l’Un qui est en moi, au seuil de l’Un qui échappe au devenir et à la corruption, à la décomposition, donc au vieillissement et à la mort. Ce « Je » est intemporel ou si l’on veut éternel. Il est unique et c’est lui qui m’a fait vivre à 37 une incroyable expérience d’unicité. Cette pure présence se trouve en moi mais également en tout ce qui est.  Voilà pourquoi ce  jour-là, j’avais le sentiment que la lumière était partout, que j’était moi-même et en même temps toute chose, l’arbre, la feuille, la fourmi sur la feuille…Ce « je » est la présence unique à la grandeur de tout ce qui est et elle est en moi aussi. Elle fait de moi la goutte d’eau dans l’océan de la présence.

Est-ce à dire que je suis de nature divine? Tout à fait. Je ne suis pas Dieu, mais je suis en Lui. C’est ce que Durckeim appelle la dimension transcendante de l’homme. Celui-ci appartient à deux mondes, affirme-t-il : le monde  horizontal de l’existence et des phénomènes de la vie courante, et d’autre part, le monde vertical de la transcendance, c’est-à-dire du surnaturel.

Voilà où m’a conduit jusqu’ici la découverte inouïe du "Je suis" dans la méditation. Je sais maintenant, pour l’avoir éprouvée à l’intérieur de moi, que ce que j’ai de plus profond et de plus essentiel me rattache au divin, à l’Éternel et à l’Un. La méditation me conduit vers un silence et une paix qui dépasse l’ordinaire. Je m’y découvre intemporel, immortel, du  moins dans une part essentielle de mon être. Cela fait disparaître toute angoisse, toute anxiété et engendre en moi un sentiment de  joie incommensurable. Je me surprends même parfois à rire; rire d’avoir eu si longtemps peur de la mort.

De plus, la découverte du fait que j’appartiens à cette présence Une qui est le Je suis, me relie à toute chose. Je suis à nouveau l’arbre, la feuille, la fourmi sur la feuille. Un immense sentiment d’appartenance m’envahit et je ne peux m’empêcher de penser que si tous les humains vivaient cette expérience spirituelle, tous  nos problèmes environnementaux viendraient de prendre fin. Car cette conscience de l’Un en moi me relie à toute vie et lui  nuire c’est me nuire à moi-même. Je sais que la Vie, la Présence, le Sacré sont dans la forêt et le fleuve tout comme en moi. Je suis relié au Tout. Je suis Écologique et tout est sacré. Bien plus encore, je sais maintenant que le "Je" qui écrit actuellement ces mots et le "Je" qui les lit participent du "Même".

La prise de conscience en moi de l’Un par la méditation du "Je suis" m’ouvre encore à autre chose de fondamental: l’autre. Toucher à la racine de la Présence, à la qualité de la Conscience ouvre en moi dans le silence et la paix à la tendresse et à l’amour inconditionnels. Je connais que je suis un, totalement un, avec le "Je suis" de tous les autres, le "Je suis" étant Un. Plus je pénètre en moi-même et plus, comme dans les portes tournantes, renvoyer vers l’autre. Celui-ci n’est plus uniquement distinct de moi, opposé, il est le même dans son essence et sa profondeur. Le Un se trouvant multiplié dans tous les êtres humains, cherchent à refaire l’unité qu’il se trouve être par essence. L’empathie, la compassion est ainsi au fond de la méditation.

LA MÉDITATION


J’ai fait table rase de tout ce que j’avais appris et décidé de faire les choses à ma manière, tout simplement. J’ai dépoussiéré mon banc de méditation sur lequel j’avais écrit « né à 37 ans » . Et finalement je me suis choisi une chaise car mes vieux os ne supportaient pas très longtemps les positions classiques du Zen.  Par contre, j’ai bien vite compris que je devais me tenir le dos parfaitement droit  pour éviter de m’endormir.

Je me suis fait mon propre rituel: une pierre ronde de lapis lazuli, que mon fils m’avait offerte, est devenu le point d’ancrage pour me rappeler la concentration sur le moment présent et l’instant qui naît. Un temps suffisant de concentration sur tout mon corps ressenti de l’intérieur à commencer par mes poumons en train de respirer. Aujourd’hui encore, à chaque matin, tout l’effort consiste à me concentrer sur l’instant naissant sans me stresser si parfois mon esprit vagabonde. Je le ramène alors en douceur à cette pierre bleu du moment présent ainsi qu’à ma respiration. Et quand j’atteins une certaine stabilité dans le présent, je me pose  la question simple qui déclenche tout le processus du retournement:

« Qui est présent?

Et je réponds: « Je suis »

« Qui est Je? »

Privé de mon autobiographie et de mes projets, situés hors de l’instant, je ne trouve aucune réponse immédiate à ma question. Je laisse alors cette question en suspend, sans répondre en tournant forcément mon regard intérieur vers la source-même de la Présence du moment en train de naître. C’est cette source inconnue qui constitue le « Je ». Celui-ci ne peut jamais être vu car c’est précisément lui qui voit tout. Il ne peut donc jamais être vu car alors il ne serait plus ce qu’il est. Je reste alors sans aucune réponse à contempler un vide, une absence d’objet.tout autre chose: un sujet. Mais qu’est-ce que c’est qu’un sujet?

Ma méditation cherche donc à rester, sans le voir directement, en présence de ce « Je ». Celui-ci s’éprouve comme un « Oeil spirituel » tourné vers le monde, mais son vrai nom, c’est la Conscience. On l’appelle aussi souvent le « Témoin ».

C’est sur cette conscience que vient s’inscrire tout ce qui se passe dans mon monde, exactement comme un film vient s’inscrire sur l’écran de cinéma. La première grande découverte est celle de la permanence de ce « Je » de cet écran ou de ce témoin. Tout comme un film de guerre navale ne laisse en aucune façon l’écran mouillée à la fin de la séance, tout comme l’écran redevient blanc et nu à la fin de la représentation, le « Je » est immuable. Il est au-delà des phénomènes. Quand  je médite en marchant, je suis présent à la marche; je regarde le chemin défilé sous mes pieds, puis je me retourne vers le « je » qui regarde le chemin défilé et je vois que lui ne défile pas. Il reste toujours là, immobile dans sa présence. Il se découvre au-delà du mouvement et du devenir, au-delà du temps et de l’espace. Ce « Je » découvre ainsi qu’il est intemporel. Il n’appartient pas à ce qui change, il est en quelque sorte hors du monde, hors du devenir.

De plus, ce « Je » est parfaitement Un. Il n’a pas de forme contrairement à tout ce qui existe d’autre dans le monde. Tout ce qui existe dans le champs de la matérialité est sujet à la géométrie, à la division. Les images et les concepts également ont  une forme, bien que souvent plus subtiles. Le « Je » n’en a pas; il est pure présence. Simplicité absolue. Unité absolue.

La méditation ainsi menée me conduit au seuil de l’Un qui est en moi, au seuil de l’Un qui échappe au devenir et à la corruption, à la décomposition, donc au vieillissement et à la mort. Ce « Je » est intemporel ou si l’on veut éternel. Il est unique et c’est lui qui m’a fait vivre à 37 une incroyable expérience d’unicité. Cette pure présence se trouve en moi mais également en tout ce qui est.  Voilà pourquoi ce  jour-là, j’avais le sentiment que la lumière était partout, que j’était moi-même et en même temps toute chose, l’arbre, la feuille, la fourmi sur la feuille…Ce « je » est la présence unique à la grandeur de tout ce qui est et elle est en moi aussi. Elle fait de moi la goutte d’eau dans l’océan de la présence.

Est-ce à dire que je suis de nature divine? Tout à fait. Je ne suis pas Dieu, mais je suis en Lui. C’est ce que Durckeim appelle la dimension transcendante de l’homme. Celui-ci appartient à deux mondes, pense-t-il : le monde  horizontal de l’existence et des phénomènes de la vie courante, et d’autre part, le monde vertical de la transcendance, c’est-à-dire du surnaturel.

Voilà où m’a conduit jusqu’ici la découverte inouïe du Je suis dans la méditation. Je sais maintenant, pour l’avoir éprouvée à l’intérieur de moi, que ce que j’ai de plus profond et de plus essentiel me rattache au divin, à l’Éternel et à l’Un. La méditation me conduit vers un silence et une paix qui dépasse l’ordinaire. Je m’y découvre intemporel, immortel, du  moins dans une part essentielle de mon être. Cela fait disparaître toute angoisse, toute anxiété et engendre en moi un sentiment de  joie incommensurable. Je me surprends même parfois à rire; rire d’avoir eu si longtemps peur de la mort.

De plus, la découverte du fait que j’appartiens à cette présence Une qui est le Je suis, me relie à toute chose. Je suis à nouveau l’arbre, la feuille, la fourmi sur la feuille. Un immense sentiment d’appartenance m’envahit et je ne peux m’empêcher de penser que si tous les humains vivaient cette expérience spirituelle, tous  nos problèmes environnementaux viendraient de prendre fin. Car cette conscience de l’Un en moi me relie à toute vie et lui  nuire c’est me nuire à moi-même. Je sais que la Vie, la Présence, le Sacré sont dans la forêt et le fleuve tout comme en moi. Je suis relié au Tout. Je suis Écologique et tout est sacré.

La prise de conscience en moi de l’Un par la méditation du Je suis m’ouvre encore à autre chose de fondamental: l’autre. Toucher à la racine de la Présence, à la qualité de la Conscience ouvre en moi dans le silence et la paix à la tendresse et à l’amour inconditionnel. Je connais que je suis un, totalement un, avec le Je suis de tous les autres, le Je suis étant Un. Plus je pénètre en moi-même et plus, comme dans les portes tournantes, renvoyer vers l’autre. Celui-ci n’est plus uniquement distinct de moi, opposé, il est le même dans son essence et sa profondeur. Le Un se trouvant multiplié dans tous les êtres humains, cherchent à refaire l’unité qu’il se trouve être par essence. L’empathie, la compassion est ainsi au bout de la méditation. Nous verrons plus loin comment le message non-duel de Yéshoua vient éclairer cette dimension de l’amour du prochain de façon extraordinaire.

Vous aurez compris que tout au long de mon cheminement initiatique depuis l’âge de 37 ans jusqu’à aujourd’hui, au fur et à mesure de mes prises de consciences, les occasions ont été très nombreuses de me rappeler Yéshoua (Jésus que je n’appelle plus Jésus car cela me rappelle trop de souvenirs négatifs de mon enfance et de ma culture religieuse au passé douloureux). Yéshoua, pour moi, c’est le nom d’un grand maître, d’un très grand Éveillé parmi les Éveillés, et c’est à ce titre, non à celui d’un nouveau Dieu à distance de nous, que je l’invoque ici.

Je vais avoir à développer ce sujet en long et en large dans le prochain chapitre. Bref, je vous ai déjà dit qu’à 37 ans, j’avais depuis un bon moment  jeter Yéshoua avec l’eau du bénitier. Mais après mon expérience d’unicité, ses phrases me revenaient sans cesse et je me disais à chaque fois, me basant sur mon vécu: « Ah! C’est de ça qu’il parlait, c’est ça qu’il voulait dire!’ Et tout à coup de larges pans de son message m’apparaissaient d’une grande clarté. Ne disait-il pas: « Le Royaume est en vous », « si vous ne renaissez pas de votre vivant, vous n’entrerez pas dans le Royaume de mon Père », « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé », etc….

Il est temps maintenant que je vous parle de cet Éveillé, dont on a fait un Dieu bien malgré lui  en le mettant au service de causes qui ne le concernait pas. Il est temps que je vous parle de sa vision non-duelle qui est venue éclairée d’une lumière nouvelle mon cheminement initiatique au prise avec l’Un et le Deux.

LA DÉCOUVERTE DU JE SUIS



Depuis le tout premier instant de mon éveil, je sus donc qu’une Présence tout-à-fait réelle m’habitait. Il y avait quelque chose ou quelqu’un d’autre que moi, en moi, qui avait surgit avec fracas ce jour là en m’inondant de lumière et d’énergie d’amour. J’en ai parlé plus haut, mes thérapeutes n’avaient de cesse de me répéter que je ne m’occupais pas suffisamment de moi. Ma réponse était « je ne fais que cela dans ma vie, prendre soin de mon petit moi-même si important, si précieux ». À tel point que je m’étais mis à penser, devant leur insistance, qu’il y avait peut-être deux moi: l’un dont je m’occupais suffisamment à mon point de vue, et un autre dont je  ne soupçonnais même pas l’existence et dont eux faisaient état! Et c’est à cet instant-même que l’éclair d’illumination avait surgit du fond de mon être. Comme si ce second  moi avait jugé l’occasion bonne pour se manifester à ma conscience.

Je me suis mis à  lire, surtout les orientaux qui parlaient du « grand » et du « petit » moi. Arnaud Desjardins et comme je l’ai dis précédemment, Durckeim surtout. Il y était question du « moi » et du « soi », ou alors de l’ « ego » et du « Moi ». Plusieurs auteurs m’ont aidé à comprendre que l’égo n’était qu’une construction de l’esprit, plus particulièrement du mental, ce mélange d’intelligence et d’émotion, de désir, de mémoire et d’imagination, le tout emprisonné dans l’enveloppe de mon corps qui me distingue des autres et du reste du  monde.

En fait, depuis toujours, en réponse à la question « qui suis-je», je répondais en débitant la litanie qui constituait mon histoire, ma biographie, mes réalisations, mes succès. Comme tout un chacun, J’avais un passé, une histoire de vie parsemées de victoires, d’échecs, de trophées et de regrets, et j’en étais assez fier. Quand mon interlocuteur creusait un peu plus, je lui parlais de mes rêves, de mes projets, de mes entreprises en cours et de ma planification de carrière. J’étais ambitieux, performant et cela me définissait assez bien également. J’étais en somme, une réussite passée et de grands projets d’avenir.

Peu à peu je commençai à prendre conscience que ce « moi » que je m’efforçais de décrire n’existait pas en réalité, puisqu’il était tout entier fait d’évènements passés, de ma naissance jusqu’à aujourd’hui, et d’évènements à venir mais qui n’existaient pas encore. Ce que je croyais être vraiment n’existait que dans ma mémoire et mon imagination. Car tout le monde sait bien que seul existe le présent. Le passé étant une suite de moments présents révolus, et l’avenir un présent non encore advenu. Ce moi, cet ego, n’avait donc pas d’existence réelle en dehors de ma mémoire et de mon imagination. Il ne restait que ce nouveau moi, dans l’instant présent, comme un oeil ouvert sur l’univers et la vie et qui semblait différer de mon ego.

Quelle ne fut  pas ma surprise de découvrir tout cela! Si je n’étais pas cet ego construit par mon mental, qu’étais-je donc? Pour la première fois je me retournai vers mon « je » (que mes parents avaient appelé Marcel à ma naissance) et je trouvai d’abord cette appellation étrange. Ce « je » que j’étais me semblait être comme un oeil en train de regarder, un corps sensible en train d’éprouver le monde autour de lui, une sorte d’intérieur du monde en train d’être conscient de l’univers. Ce ‘je’ existait bel et bien dans l’instant-même, contrairement à l’ego, pure construction de l’esprit. Il y avait donc bien deux moi, je n’avais pas rêver. Et ce nouveau « je » indescriptible, qui trouvait même son nom bizarre, c’était bien lui qui s’était manifesté lors de mon éveil, parce que j’avais pour un instant laissé tomber mon ego, abandonné mes constructions mentales, mes défenses, et vraiment lâcher prise à toutes mes résistances,  à tout ce à quoi je m’étais identifié. (Vous vous souvenez: mes thérapeutes me demandaient de rester et je refusais. Puis j’ai finalement capitulé, baissé ma garde.)

Fort de cette découverte, je me livrais à des exercices de méditations irrégulières et malhabiles en essayant vainement de mettre en pratique ce que j’apprenais chez les maîtres. J’éprouvais de grande difficulté à me concentrer, à suivre les consignes. Ma tête était envahie de pensées tourbillonnantes. Pas vraiment une réussite, croyez-moi.

Même si je n’arrivais plus à prendre contact avec cette lumière spéciale que j’avais connue, je savais qu’elle était en moi, puisque c’est là qu’elle avait surgi. Mais le souvenir de cette illumination semblait s’éloigner de plus en plus,  s’estomper dans le courant de l’existence qui avait repris ses droits. De temps en temps, pour un bref moment, j’avais l’impression de toucher cette grande Vie intérieure à nouveau. J’avais la nostalgie de ma grande expérience et pendant des années j’ai espéré en vain qu’elle reviendrait.

Malgré le souvenir de plus en plus lointain du numineux que j’avais connu, je restais brûlé dans l’âme où se trouvait pour ainsi dire une trace indélébile de mon vécu spirituel d’unicité. J’avais connu Cela et Cela avait laissé une cicatrice en moi pour toujours. Inoubliable à  tout jamais.

Je parlais de ce que j’avais reçu un jour sans le mériter à tous ceux qui avaient le goût et la patience de m’entendre. À chaque fois avec un enthousiasme débordant qui était ma seule façon de signifier ce que les mots n’arrivaient pas à dire. En même temps, j’avais peur de passer pour un fou tellement on me regardait avec des airs incrédules, dubitatifs.

Puis, pendant des années, je me suis remis au travail. Par contre, je ne faisais plus les choses comme avant. J’écrivais toujours des chansons mais elles avaient toutes une portée humanitaire, pour ne pas dire spirituelle. Certaines étaient très connues: « Chante-la ta chanson » ou « Si  on chantait ensemble ». D’autres reprenaient sous le format de la comédie musicale toute cette aventure spirituelle que j’avais connue: ça s’appelait La course au bonheur. J’ai fait la conception et une part importante de la mise-en-scène de l’évènement-jeunesse au Stade olympique en 1984. Ça s’intitulait « Oui à la Vie » et la chanson-thème était La Colombe chantée par Céline Dion.

De  nouvelles activités sont apparues dans ma vie, des activités qui avaient pour but la réalisation d’un « nous »: des activités à portée sociale et communautaire  comme le nationalisme. Je visais toujours au-delà de mon petit ego étroit, comme interpellé par un plus grand que moi: la famille, la nation, etc… Et j’avais ainsi l’impression de tenter d’exprimer dans le  monde ce grand Je intérieur qui m’habitait et qui dépassait immensément mon petit ego. Comme j’étais également artiste-peintre, j’insistait sur une seule chose: la beauté de la lumière de mes toiles qui n’arrivait jamais à la hauteur du numineux que j’avais connu.

Bref, pendant des décennies, j’ai été transformé par ce moment d’illumination qui m’avait traversé à l’âge de 37 ans et j’ai vécu ma spiritualité comme sur la réserve d’énergie que m’avait procurée ce moment mystique de mon existence passée. Mais déjà cela avait bouleversé ma vie et je m’en rendais compte. Je ne travaillais plus pour des raisons commerciales.

Si je n’évoluais pas plus vite sur mon chemin initiatique, cela était uniquement de ma faute. J’avais pourtant bien entendu tous les grands maîtres spirituels me dirent que la grande Expérience d’illumination n’était pas la fin du chemin mais le début. Par elle, on « entrait dans le courant » comme se plaisait à répéter Duckheim. Le chemin d’initiation, lui, était fait de patience, d’exercice et de méditation assidus. Pendant des années, j’avais fait prédominé mes activités d’artiste sur ma démarche de contemplation à laquelle j’avait goûtée plus jeune en toute gratuité. Pendant des décennies je m’étais encore et toujours tenu dans le « faire » qui m’apportait reconnaissance et réalisation. Sans le savoir, bien que moins étroitement qu’avant, j’étais encore au service de mon ego. Je ne comprenais pas que ce maintien de mon existence dans le « faire »  m’empêchait d’avancer au plan de mon être essentiel. Le chemin initiatique, c’était autre chose.


Ce n’est que sur le tard, en passant le cap des soixante-dix ans, que j’ai finalement pris la décision de me consacrer à l’intention du grand Socrate qui répétait sans cesse: « Connais-toi toi-même. » Puis j’ai finalement compris que  l’exercice et la méditation sur le chemin était nécessaire à ma réalisation dans l’éveil. J’ai cessé de faire ou plutôt j’ai cessé de m’identifier au faire et  je me suis mis à l’observation, à la contemplation. Je me suis retourner vers le dedans. J’ai cessé de regarder uniquement dehors, le monde, et je me suis retourner pour regarder ce qui regarde.


J’ai donc repris la méditation, mais cette fois sérieusement, systématiquement.